Les services pour la petite enfance comme lieux d’accueil et d’étayage pour les mères migrantes

 

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Extrait : Les services pour la petite enfance comme lieux d’accueil et d’étayage pour les mères migrantes

DU Psychopathologie du bébé : Université paris XIII

Alessandra Monachesi Ribeiro

Docteur en psychologie, psychanalyste

« Il faut écrire. Il faut surtout ne jamais arrêter d’écrire. Ces écrits, je les dédie à mon père dont le silence a tout caché sur ses origines. »

 

Le Brésil est un pays de migrants. Par souhait, par espoir, par condamnation ou par force, le peuple que nous avons réussi à constituer est un peuple de venus d’ailleurs. Tout le monde a une histoire d’exil dans ses origines, une histoire proche ou lointaine, plus ou moins connue, plus ou moins mise en valeur. De ce fait il n’est pas rare que dans n’importe quelle conversation, la plus superficielle qu’elle soit, on aborde le thème des origines. Vous venez d’où ? Cela renvoie aux ancêtres toujours présents à travers les noms qui se cumulent tel un héritage qu’on porte avec plus ou moins de fierté.

….

De ce fait toutes les conversations qui portent sur les origines, les plus superficielles qu’elles soient, débordent immanquablement sur le thème du passage. Êtes-vous ici de façon transitoire ?

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J’arrive en France par le biais de mes études, ce qui me renvoie d’avantage à une position privilégiée. Pas une migrante, mais quelqu’un qu’y est venu de passage. Encore une fois le thème du passage, cette fois-ci de son côté « positif « : un étranger de passage est le plus souvent un invité bienvenu qui suscite notre hospitalité, telle que Derrida (1997) la conçoit.

Néanmoins, tout en étant rentrée par la « bonne porte », je n’ai pas été totalement épargnée et j’ai tout autant été « mise à ma place » d’étrangère de façon plus ou moins explicite, plus ou moins agressive, plus ou moins raciste un certain nombre de fois. Le pays des Lumières a bien son côté d’ombre et l’un de ses visages est la violence raciste banale et quotidienne.

Lorsque les expériences de la maternité et de la migration s’entrecroisent, nous pouvons supposer que l’isolement et la souffrance de l’une et de l’autre expérience s’ajoutent et se renforcent. Comment tout se passe-t-il quand la femme enceinte ou la jeune mère est aussi une migrante ? Comment a-t-elle vécue cette expérience de la maternité dans un pays autre, dans une langue autre, là où on est l’autre ? Comment vivre la maternité dans un autre cadre culturel que le nôtre, dans un autre ensemble de procédures, de traditions, d’habitudes ? Comment vivre la maternité isolée par l’immigration, de celui qui aurait pu être le groupe de référence, le réseau d’appui ? Comment faire face aux conduites différentes, aux différentes orientations, aux gestes concernant le suivi d’une grossesse ou d’un nouveau-né auxquels nous sommes étrangers ? Comment pouvoir se construire en tant que mère dans un cadre où cet « être mère » est vécu autrement ?

Voici certaines des questions qui m’ont traversés l’esprit lorsque, de façon personnelle, la migration et la maternité se sont entrecroisées dans mon vécu, vécu pourtant privilégié.

mémoire maternité migration DU Paris 13

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